Marie Marwen

Marie Marwen

Texte traduit avec l’aimable autorisation de Sharon Moore, danseuse et professeur de danse tribale américaine, auteur de nombreux articles sur les sites Tribalbellydance.org et Deeprootsdance.com.

Article original en anglais : http://www.tribalbellydance.org/articles/tribaliseasy.html

Remarque : Sharon Moore a développé un format d’improvisation basé à la fois sur FatChance Bellydance® et sur Gypsy Caravan. Ce qu’elle dit dans cet article ne s’applique pas forcément à 100 % à l’ATS® format FCBD®. Mais de manière générale, elle a 100% raison ! 🙂

 

 

“La danse tribale, c’est facile…”

Sur un forum de danse orientale, il y avait une discussion sur ce qu’est la danse tribale, et une participante a fait ce commentaire désinvolte :

“Une chose que j’apprécie dans la danse tribale, c’est que vous n’avez pas à vous soucier de retenir une chorégraphie.”

À cela, j’ai répondu ce qui suit. ~ Sharon

” Waouh, ainsi présenté, cela semble tellement facile ! Mais non, au lieu d’avoir à retenir une chorégraphie, vous avez seulement à garder chaque mouvement de votre répertoire à disposition au cas où le leader l’utiliserait. Vous devez connaître la posture spécifique de chaque mouvement, la clé de chaque mouvement. Et vous devez être capable de passer avec fluidité de n’importe quel mouvement à n’importe quel autre qui pourrait suivre… à la volée et selon l’inspiration de la personne que vous suivez, ou bien de telle manière que d’autres peuvent vous suivre harmonieusement. Chaque mouvement doit être examiné avec soin dans les quelques secondes qui précèdent afin qu’il soit exécuté au mieux par tout le groupe.

Les danseuses doivent également tenir compte des changements dans les formations ou l’ordre des danseuses, qui peuvent intervenir à tout moment, ce qui d’ailleurs peut affecter non seulement le rôle de leader et la visibilité, mais aussi l’exécution d’un mouvement donné. Par exemple : « Si je suis dans cette formation, alors mon bras doit être positionné de cette manière afin de ne pas bloquer la hanche, tandis que si je suis dans cette formation, je peux le placer ici, où il ne gênera pas la visibilité et mettra en valeur le travail de déplacement… “

En outre, des détails que nous tenons pour acquis en tant que solistes ou groupes chorégraphiques – telles que les conditions d’éclairage – peuvent déstabiliser un spectacle complet. Éclairage trop faible ? Soleil dans les yeux ? Espace ne permettant pas une bonne visibilité ? Vous luttez pour voir votre leader suffisamment bien pour le suivre, mais sans avoir l’air de le surveiller ! Rappelez-vous, vous essayez de faire croire que c’est synchronisé / chorégraphié, alors que tout est créé en direct. Alors ne vous faites pas surprendre en train de regarder fixement le leader !

Et puis, comme mentionné ci-dessus, il y a encore le concept de combos. Ce sont essentiellement des mini-chorégraphies qui, tout comme d’autres mouvements, peuvent être utilisées à n’importe quel moment jugé approprié par le leader. D’une durée de 16 à 64 temps, ces combos sont constituées de mouvements placés dans un ordre spécifique, incorporant souvent des mouvements ou des concepts qui ne sont pas couramment utilisés dans votre répertoire habituel (vous donnant ainsi la possibilité d’utiliser des mouvements ou des idées qui s’intègrent difficilement dans un système d’improvisation). Donc, non seulement vous surveillez les clés, mais vous devez aussi mémoriser une douzaine de petites chorégraphies qui peuvent surgir à tout moment.

Et puis n’oublions pas qu’il existe une dizaine de formations possibles que le leader peut choisir pour le groupe, l’ordre précis (ou aléatoire) des danseuses sortant du chorus, les “clés” musicales utilisées pour indiquer qu’un changement se prépare, les entrées et les sorties qui peuvent être chorégraphiés ou totalement improvisées… Et pendant ce temps, il faut continuer à jouer des sagattes ou garder des accessoires en équilibre sur la tête… Ouf !

Vous avez raison. C’est vraiment génial de ne pas avoir à se souvenir de fichues chorégraphies !

Oh, attendez. Ma troupe crée aussi des chorégraphies.

LOL

Je force le trait, je sais. Et j’ironise, mais tout en étant sérieuse. Être une danseuse d’impro tribale compétente demande tellement plus de travail que l’imagine la plupart des gens. Il y a tellement de détails, tellement de nuances. Énormément d’entraînement est nécessaire, mais vous ne pouvez pas rentrer à la maison et répéter seule comme avec des chorégraphies ! Nous devons donc tirer le meilleur parti de notre temps de répétition en groupe pour que cela fonctionne. Et la connexion nécessaire entre nous, la certitude que nous pouvons être “leadées” par quelqu’un avec assurance, et la certitude qu’elles nous suivront fidèlement, tout cela crée un lien tout à fait unique qui se traduit par cette connectivité et cette énergie tribale qui attirent tant de personnes. 

Et au-dessus de tout cela, il existe un talent que de nombreuses «jeunes» troupes tribales ne maîtrisent pas avant plusieurs années de travail : la capacité et le *besoin* de diviser votre concentration entre votre troupe, tous les trucs et astuces qui rendent possible l’improvisation… et votre public. Être en mesure de capter leur attention, d’établir un contact visuel avec eux, de sourire, de paraître décontractée et joyeuse, alors que tant d’exigences mentales et physiques vous mettent la pression… Cela est bien plus difficile que n’importe quelle autre forme de danse chorégraphiée que j’ai eu l’occasion de pratiquer (et j’en ai pratiqué beaucoup !). “

© Sharon Moore 2005-2006
Traduction Marie Marwen 2012

Marie Marwen

Accro à l'ATS® depuis plus de 10 ans, je passe beaucoup (trop ?) de temps à visionner de manière compulsive des vidéos et à recueillir des infos sur les origines et sources d'inspiration de cette belle danse. On ne m'appelle pas WikiMarie pour rien... ;-) Ah, aussi, je suis la grande prêtresse de la déesse A. (les initiées à ce culte comprendront...).
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