Sorella Gaia Magali

Sorella Gaia Magali

Texte traduit avec l’aimable autorisation de Sharon Moore, danseuse et professeur de danse tribale américaine, auteur de nombreux articles sur les sites  Tribalbellydance.org  et  Deeprootsdance.com.

Article original en anglais : www.deeprootsdance.com/2012/07/fear-of-group-improv-it-gets-better.html

Remarque : Sharon Moore a développé un format d’improvisation basé à la fois sur FatChance BellyDance® et sur Gypsy Caravan. Ce qu’elle dit dans cet article ne s’applique pas forcément à 100 % à l’ATS® format FCBD®. Mais de manière générale, elle a 100 % raison ! :o)

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Récemment, une élève m’a demandé combien de temps il m’avait fallu pour me sentir compétente en improvisation de groupe tribale. Je lui ai répondu que c’était complètement différent d’une personne à l’autre, selon l’expérience préexistante en danse, la connexion corps-esprit, la pratique à la maison, etc. Mais le plus important d’après moi ? Aller régulièrement en cours. Ce qui m’amène à vous raconter une petite anecdote à propos de mes débuts en danse…

J’ai été initiée à la danse orientale de style tribal (en “vrai”, je ne parle pas des vidéos des FatChance BellyDance® que j’avais regardé avidement jusqu’alors) par Paulette Rees-Denis de Gypsy Caravan. A Seattle, une fille organisait des ateliers mensuels avec Paulette, où nous profitions de deux ou trois heures de béatitude tous les 30 jours (à cette époque je prenais encore des cours hebdomadaires de sharki, mais le style tribal était ma vocation !). Chaque mois j’attendais avec impatience ce rendez-vous. Vous les jeunes qui grandissez aujourd’hui dans la communauté de la danse orientale ne savez pas ce que c’était à l’époque – pas de tribal aussi loin que l’œil pouvait voir. La plupart des gens n’avait aucune idée de ce que c’était, et il y avait seulement sur le marché une poignée de cassettes VHS qui enseignaient les rudiments. Nous avons gravi la montagne dans la neige… enfin, façon de parler…

Même avec toute l’anticipation que je ressentais, et mon désir d’un cours régulier près de chez moi… je partais toujours avant la fin. Yep. Dès qu’on arrivait au travail en chorus à la fin, je sortais discrètement par la porte de derrière. Littéralement. J’étais trop nerveuse pour danser de manière improvisée avec les autres femmes. Ne dansant dans ce style qu’une fois par mois, il me semblait que je n’absorbais pas suffisamment les mouvements dans mon esprit et dans mon corps pour être en mesure de les utiliser confortablement. Donc, plutôt que de prendre mon courage à deux mains et d’essayer, je préférais timidement m’enfuir.

Bien sûr, je sais maintenant deux choses que j’ignorais alors…

N° 1 : lorsque vous dansez avec d’autres, que ce soit en classe ou en stage, ces personnes passent par la même gamme de sentiments que vous. Croyez-moi, elles sont tout aussi excitées et nerveuses que vous, leur esprit noyé sous les nouvelles informations et la peur de « tout rater ».

Et N° 2 : sachez que toutes les pensées encourageantes et la joie que vous projetez naturellement vers les autres dans ces moments vous sont renvoyés. Bref, n’ayez pas peur d’essayer et d’essayer encore. Nous avons abordé ce sujet dans un article précédent (Danser avec d’autres).

Bref : vos sœurs de danse sont là pour vous aider ! Donc n’ayez pas peur d’être un peu vulnérable, et foncez !

Mais la vraie question était : combien de temps faut-il pour se sentir vraiment à l’aise ? Pour être totalement honnête, il se peut que certaines personnes ne se sentent jamais 100 % géniales en position de leader. Mais cela ne devrait jamais vous arrêter ! Je connais des danseuses professionnelles chez qui le stress provoque toujours la nausée avant de monter sur scène, mais une fois qu’elles y sont, elles aiment tellement danser pour le public que cela ne les empêche pas de profiter de leur bonheur.

Alors, comment pouvez-vous réduire – voire éliminer complètement – l’anxiété liée à la position de leader ?

Connaissez votre vocabulaire

 Je ne veux pas dire que vous avez besoin de savoir comment “leader” sans peine chaque mouvement du répertoire complet – après tout, vous n’avez peut-être pas encore été exposé à tous les concepts de votre répertoire de danse. Il suffit d’avoir quelques mouvements et combinaisons favoris qui fonctionnent bien avec la musique de votre performance, et de les répéter jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques. De cette façon, quand et si vous finissez par prendre le lead, vous aurez des mouvements que vous serez sûr de pouvoir leader clairement. D’autres mouvements viendront  inévitablement s’ajouter à votre répertoire personnel au fur et à mesure que vous développerez votre expérience et votre confiance, et bientôt vous aurez une collection grandissante de mouvements et concepts que vous pourrez facilement utiliser dans de nombreuses situations de performance !

Je l’ai souligné précédemment, et je le ferai encore :

Suivre un cours est la meilleure façon de développer votre confiance en vous et votre niveau de danse.

Plus vous travaillerez sous l’œil vigilant et bienveillant d’un enseignant professionnel de confiance, meilleure danseuse vous deviendrez. Les danseurs classiques travaillant à la barre le savent bien…

 

Poses ATS avec des bombons haribo

 

Connaissez votre musique

Vous devez connaître votre musique de votre prochaine performance si bien que vous pourriez la “chanter” du début à la fin, y compris les petits arrêts imprévus et les nuances de la mélodie. Vous voulez supprimer la nécessité de suivre votre musique à un niveau pleinement conscient, et juste être capable de bouger avec elle à un niveau plus inconscient. Faites en sorte qu’elle devienne tellement intégrée à votre esprit et à votre corps que vous n’avez pas à faire d’effort pour pouvoir vraiment communiquer avec elle. Je dis à mes élèves qu’elles doivent avoir un peu marre de leur musique le jour où elles l’utilisent sur scène.

Astuce pro #1

Il y a une sorte de courbe en forme de cloche qui accompagne l’écoute de votre musique sur le long terme. Au début, vous l’aimez, mais ne la connaissez pas très bien. Puis au bout d’un moment vous la connaissez très bien, mais vous en avez un peu marre. Et enfin, vous la connaissez comme le dos de votre main et vous l’aimez à nouveau. Avec un bonus : vous commencez à entendre et apprécier les subtilités et les minuscules détails que vous n’étiez pas vraiment en mesure d’entendre auparavant. Vous allez au-delà de la structure brute de la chanson et plongez plus profondément dans l’art des musiciens qui l’ont créée. Et c’est là que réside la magie !

Soyez à l’aise dans votre costume

Pour cela, enfilez votre costume complètement chez vous pour le tester, mais surtout entraînez-vous avec des éléments de costume pendant les répétitions ou les cours. Si nous, danseuses tribales, voulons porter un empilement de jupes sur scène tout en nous déplaçant avec élégance et en toute confiance, nous avons besoin de nous habituer à porter ces jupes. Mes élèves auront remarqué que je porte une jupe pour la plupart des cours – non par effet de mode, mais parce que ces jupes ont un esprit qui leur est propre, et vous avez besoin d’apprendre à vous déplacer en tandem avec elles. Idem avec un pantalon : ces couches soyeuses de tissu peuvent facilement vous faire glisser et trébucher si vous n’êtes pas habituée à vous mouvoir avec eux. En portant régulièrement en cours ces éléments de de costume, ils finiront par devenir une extension de vous et une extension de votre danse, ce qui facilitera votre tâche une fois sur scène. Tant que nous sommes sur le sujet…

Astuce pro #2

Testez tout nouveau élément de costume DEUX FOIS avant un spectacle. Cela signifie répéter toutes les danses du début à la fin de votre performance, et pas seulement esquisser deux-trois mouvements pour voir si votre costume fonctionne ou pas. Avec deux répétitions complètes, vous avez le temps de découvrir tous les problèmes pendant la première répétition, d’ajuster puis de valider ces ajustements pendant la répétition suivante. Des erreurs se produisent – acceptez-le et passez à autre chose.

J’ai fait beaucoup de théâtre, y compris des exercices d’improvisation. Lors de ces séances, on nous demande de garder un esprit ouvert, de mettre de côté ce que nous attendons ou souhaitons que l’autre personne dise pour faire avancer l’histoire que nous avons dans notre propre tête. Au lieu de cela, nous avons besoin d’apprendre à recevoir honnêtement ce que l’on nous dit ou montre, de l’accepter comme un fait, et d’aller de l’avant comme si c’était l’histoire prévue depuis le début. Voilà comment fonctionne une improvisation convaincante : tous les participants sont d’accord pour coopérer avec le reste du groupe, sans question ni résistance, quoi qu’il puisse arriver.

La danse d’improvisation fonctionne de la même manière. Nous ne pouvons pas passer tout notre temps ou notre énergie sur ce qui, à notre avis, devrait se produire, nous devons accompagner ce qui est en train de se produire. Dérapages, erreurs, dysfonctionnements de costume, mouvements complètement inventés, chorégraphie oubliée, sagattes qui s’envolent, se sentir coincée dans des “Hip bumps” toute la moitié d’une chanson… Toutes ces choses et plus encore risquent de survenir au cours de votre vie de danseuse. Mais une danseuse forte ne recule pas devant ces scénarios “effrayants”. Elle accepte que c’est ce qui se passe et va de l’avant comme si c’était prévu depuis le début. Et si l’un de ces « moments magiques » se produit alors que vous “leadez”, hé bien, heureusement, nous avons déjà toutes conclu un pacte : nous ne résisterons pas ou n’ignorerons pas ce qui se passe, mais suivrons gracieusement comme si de rien n’était. Cette confiance mutuelle demande du temps et de la patience pour se développer, mais c’est la véritable “colle” qui maintient la cohésion d’un “bon” groupe d’impro tribale.

Plus tôt vous commencerez à croire que même si vous vous trompez, ce n’est pas un problème, et que vous embrasserez pleinement ce chaos contrôlé qu’est l’ATS®, plus tôt vous vous libérerez de votre stress et danserez avec plus de joie et de liberté !

© Sharon Moore 2012
Traduction Marie Marwen 2013

Sorella Gaia Magali

Danseuses passionnée de danse orientale depuis 2003, je découvre les danses tribales en 2008, puis en 2010 je me consacre entièrement à l’ATS® avec des goûts plutôt fusion en costumes et utilisation d’accessoires : sabre, voile, éventail, panier, … Je dirige la tribu de mes élèves Les Filles de Gaïa depuis 2016, nous sommes basé dans les montagnes des Alpes Maritimes, au dessus de Nice et Grasse. Adepte des fêtes médiévales et fantastiques nous faisons découvrir dans ce cadre là notre passion pour les costumes et les danses tribales, et Fusion. Enseignante Sister Studio ATS® depuis 2016, je transmet ma passion des danses orientales fusion depuis 2007. Notre association organise depuis 2014 le European Sister Studio ATS®, et avons invité déjà 11 professeurs Sister Studio de toute l’Europe !
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