Nadir

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Depuis 2013, Elisa Lhortolat mène un travail de recherche à l’université Nice Sophia Antipolis sous la direction de Marina Nordera, historienne de la danse, et Federica Fratagnoli, spécialiste en analyse fonctionnelle du mouvement. Elle partage avec nous dans cet article son parcours de recherche sur la danse orientale et la danse American Tribal.

Qui suis-je ?

Je m’appelle Elisa Lhortolat, j’ai 28 ans et vit à Nice. Certains me connaissent ici comme professeure, car en effet j’enseigne la danse orientale et le tribal fusion à Nice depuis 2010 au sein de l’association Kahina oriental & fusion. J’ai d’ailleurs pu co-organiser la dixième et dernière édition du festival « Tribal Umrah » et c’est une grande fierté que celle-ci se soit déroulée dans notre belle région.

Aussi, et peu de personnes sont au courant, je suis étudiante chercheuse à l’université de Nice. Après une licence d’Histoire et un DU en histoire de l’art, j’ai poursuivi mes études en Master dans la section « Danse ». J’ai alors mené un premier travail de recherche sur l’hypothèse d’une rivalité en France entre danseurs de danse orientale et danseurs d’American Tribal.

Ce travail préparatoire a beaucoup plu aux maîtres de conférences et chercheurs de ma section qui m’ont alors encouragé à poursuivre ce travail de recherche en doctorat.
Je suis donc inscrite en thèse depuis 2014 et m’apprête à la soutenir d’ici la fin de l’année 2019. Mon sujet de thèse traite des représentations de genre dans la danse orientale et l’American Tribal.

Pourquoi avoir choisi ce sujet de recherche ?

J’ai choisi ce sujet de recherche d’abord parce que ce sont des danses que je pratique et enseigne. A un moment de mon apprentissage et de ma carrière, j’ai eu le sentiment que l’on me demandait de « choisir mon camp » entre danse orientale Sharki et danse Tribal Fusion. D’ailleurs, j’ai toujours été catégorisée comme quelqu’un qui avait développé un oriental « moderne », et je sais que cela m’a valu des critiques de la part de certains professionnels.

J’ai aussi reçu les mêmes témoignages de la part d’autres professeures et danseuses qui elles aussi ressentaient une rivalité et une incompréhension entre danseuses de danse orientale dite « classique », et danseuses d’oriental moderne ou de tribal fusion ; ce n’était donc pas qu’une impression personnelle. Alors j’ai cherché à comprendre pourquoi.
Puis de cette question de la rivalité que j’ai pu traiter en Master, a découlé la question du genre, du féminin mais aussi du masculin.

 

Livres et dossiers sur une étagère

De quoi traître ma thèse ?

Mon travail de thèse entend déjà faire le point sur l’état actuel de la danse orientale et de l’American Tribal en France, mais aussi dans leur pays d’origine en Egypte et aux Etats-Unis. La question de la professionnalisation mais aussi de l’artification de ces deux pratiques est au cœur de cette étude et déjà semblent se dessiner deux archétypes du féminin parmi les pratiquantes et d’après leurs discours.

Viennent ensuite les questionnements historiques autour de la construction de ces deux identités féminines. Enfin, l’analyse fonctionnelle du mouvement me permet d’appuyer mon étude et de traiter aussi de la question du masculin à travers le corps et le mouvement dansé.

Mon travail de recherche croise donc plusieurs champs : l’histoire de ces danses, l’anthropologie grâce à un travail de terrain que j’ai mené en région PACA et à Paris, et l’analyse du mouvement. La question du genre, du féminin et du masculin est transversale à ces champs de recherche.

Et après la thèse ?

Le plus gros de mon travail est désormais terminé et ma soutenance est prévue pour fin 2019. Ce travail sera ensuite disponible en ligne.

Grâce à ma recherche, j’ai déjà pu intervenir dans de nombreux colloques universitaires et même dans un festival de danse, le festival « Les rencontres Afro-tribalesques ». C’est un plaisir pour moi à chaque fois de voir l’étonnement et l’intérêt des chercheurs sur ses danses. C’est aussi un moyen de peut-être les mettre toutes les deux un peu plus en lumière.

Je ne sais pas trop ce qu’il se passera après ma soutenance. Entre le Master et le doctorat, cela m’a pris 8 bonnes années de ma vie. C’est un travail de longue haleine qui semble infini et j’avoue avoir failli abandonner plus d’une fois.

Je suis aujourd’hui occupée à d’autres projets, notamment mon école Studio K qui a ouvert en 2018. Peut-être que je mettrais la recherche en attente après ma soutenance. Ou peut-être que je continuerai ce travail sous un autre format.

J’avais d’ailleurs commencé à tourner quelques vidéos centrées sur l’histoire de la danse orientale via le pseudonyme « madame Kahina ». C’était un moyen de m’entrainer à la soutenance. Une seule est parue faute de temps et de moyens.
Peut-être donner une suite à cette chaîne Youtube ?

Mes travaux déjà disponibles en ligne

Quand j’ai commencé mes recherches sur les danses orientales et tribales, j’avais deux envies :
– Le libre accès à la recherche en danse : je souhaitais permettre à chacun un libre accès à mon travail pour que la recherche en danse soit ouverte au plus grand nombre. En effet, les manuels déjà existants sur ces questions sont souvent chers, parfois inabordables.
– Faire connaître ces danses dans le cadre universitaire : Très peu d’ouvrages sont à ce jour disponibles en langue française sur ces questions.

Plusieurs documents sont donc disponibles en ligne si vous voulez consulter mon travail :
– Un article publié en ligne par la Revue Loxias :
http://bit.ly/artile-elisa-revue-lixias

D’autres articles et actes de colloques devraient paraître prochainement.

Aussi, la fameuse petite vidéo de « Madame Kahina », qui je l’espère ne sera pas la dernière. Le temps me manque pour le moment pour donner une suite à ce projet mais je m’étais beaucoup amusé à la tourner :

J’ai aussi fait le choix de publier mon mémoire de M2 en ligne, en open access. Vous pouvez le récupérer en téléchargement libre via le lien :
http://bit.ly/memoire-de-recherche

Néanmoins, un travail de recherche exige du temps mais aussi un engagement financier important, ne serait-ce que du point de vue du coût des inscriptions à la faculté (environ 400 euros par an). Ainsi pour tous ceux qui souhaitent soutenir mon travail de recherche, même à hauteur d’1 euro, je suis inscrite sur la plateforme Tipee :

https://fr.tipeee.com/soutenir-ma-recherche-en-danse

J’espère pouvoir partager très bientôt mon travail de thèse avec vous ! A moins que celui-ci soit disponible en format papier dans vos librairies un de ces jours… (on peut toujours rêver ah ah)

Retrouvez l'interview d’Élisa

Danseuse devant un vieux mur et des arbres

Élisa – Kahina oriental & fusion

Quel est ton nom et/ou nom d’artiste ou les deux? Élisa Ton job ? Professeure...

Nadir

Quand la photo rencontre la danse tribale, les passions se mélent et donne naissance aux projets. Après toutes ces belles images qu'elle a su m'apporter, je me suis demandé si un jour je pouvais essayer d'apporter quelques chose à cet univers en retour. Nous verrons cela ensemble ;-)

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